Aménager son petit jardin ou balcon : conseils de pro pour optimiser l'espace


Lorsque l’on souhaite profiter le plus vite possible de son extérieur ou que des idées d’aménagement commencent à germer, il est tentant de se lancer tête baissée dans des travaux ! Et pourtant pour concevoir un projet cohérent, réaliste et donc réalisable, il est nécessaire de commencer son projet sur le papier: c’est la phase de conception.

Ce temps de réflexion prend encore plus de sens lorsque l’espace disponible est restreint et que l’on souhaite créer un lieu agréable à vivre, à la fois fonctionnel et esthétique.

Conception sur le thème du 'jardin des senteurs' ©NR Landscaping


La conception


1. Trouver l'inspiration


Commencez par constituer une base d’images. Vous pourrez les trouver sur internet à l’aide de mots-clés (ex. Google image, www.gardenia.net, Pinterest, www.houzz.fr ...), sur des magazines spécialisés en architecture paysagère (ex. Extérieur design, Les plus beaux jardins, L’art des jardins et du paysage…) ou des livres spécialisés.

Lors de cette étape, collectez toutes les images que vous aimez même si elles représentent des aménagements qui ne seront pas directement applicables à votre espace ou à votre budget.

Il est important d’avoir l’esprit ouvert pour stimuler son processus créatif !

Vous pouvez :

  • vous focaliser sur un style bien défini (ex. le jardin japonais, italien, français, anglais, zen, sud-ouest américain…)

  • choisir au hasard des images que vous aimez : cette méthode est idéale pour découvrir quels sont vos goûts et créer un espace qui vous ressemble.

L’analyse des images se fait d’un point de vue architectural. Les volumes, les couleurs, les matières, les perspectives, les masses et les lignes sont décryptés pour sélectionner les caractéristiques récurrentes. Il est important de noter que le choix des végétaux, du mobilier ou des éléments décoratifs intervient plus tard dans la conception du projet, car ils sont fonctions des caractéristiques stylistiques retenues, et non l’inverse.


Si vous avez fait des choix qui semblent aux premiers abords éclectiques, identifiez quels sont leurs points communs. Quels sont les couleurs et matériaux dominants ? Les végétaux sont-ils regroupés en masses ou isolés les uns des autres ? Les cheminements et les éléments en dur tracent-ils des lignes droites ou courbes ?


Si vous vous êtes focalisé sur un style bien défini, identifiez les codes du genre en vous aidant de livres spécialisés sur le sujet. Vous pourrez ensuite adapter la palette végétale à la nature de votre sol et au climat en fonction des caractéristiques stylistiques retenues.


Analyse de l'image : style zen, du noir et blanc, des chauds de brun, le bois et le minéral dominent, lignes droites, le regard converge vers un élément central (fontaine), les éléments architecturaux (fontaine, pierres, plantes) sont isolés les uns des autres. ©NR Landscaping

2. Faire un état des lieux


Il est maintenant temps de poser sur un bloc note les réponses à un certain nombre de questions clés. Certaines sont inhérentes à vous et aux utilisateurs du lieu, et d’autres concernent uniquement votre espace et ses caractéristiques propres. Plus vous aurez identifié vos limites, votre potentiel et ceux de votre environnement, plus votre aménagement sera abouti et cohérent !


Vous :

  • Quels sont vos envies et vos besoins ? Concerne l’atmosphère recherchée, vos goûts et l’utilisation du lieu.

Exemples : Envie d’une bulle de verdure, d’un espace évolutif et coloré ? Besoin d’un espace convivial pour recevoir des amis, d’un espace de jeux pour les enfants, d’un lieu de stockage?

  • De combien de temps disposez-vous pour l’entretien ?

  • Serez-vous présent les mois les plus secs ?

  • Quel est votre budget ?

  • Avez-vous les compétences nécessaires à la réalisation de votre projet ? Peut-être faudra-t-il vous former au préalable ou faire appel à quelqu’un pour certaines tâches.

Votre environnement :

  • Quels sont les éléments principaux existants (structures en dur, végétaux adultes ou plantes remarquables) ? Il est souvent plus facile de composer avec l’existant que de vouloir s’en débarrasser. Vous économiserez du temps, de l’énergie et de l’argent.

Exemple : Plutôt que de détruire une dalle en béton, masquez-la avec une terrasse en bois, des caillebotis ou un tapis d’extérieur.

  • Quelle est l’accessibilité ? Influence la taille et le type d’engins qui pourra entrer dans l’espace.

  • Y a-t-il des points d’eau et des sorties d’électricité ? Correspond aux moyens à disposition pour la mise en œuvre du chantier, puis pour l’éclairage ou encore l’arrosage.

  • Quelle est l’orientation/l’exposition solaire ? Influence l’utilisation des espaces et la gamme végétale.

  • Quelles sont les conditions climatiques ? Influence la gamme végétale et la mise en œuvre de constructions spécifiques pour contrecarrer ces effets : drainer ou diriger les écoulements d’eau, briser le vent...

  • Quelle est la nature du sol ? Influence la gamme végétale.


Ne vous découragez pas face aux contraintes que vous aurez relevé, mieux vous les aurez identifiés mieux vous pourrez les surmonter voir même les transformer en atouts!

Exemple : L’érable du Japon (Acer palmatum) est un élément clé du jardin japonais, il pousse dans les sols acides et frais, et son feuillage est caduc avec une couleur automnale rouge-orangé. Si votre sol est plutôt calcaire et sec, vous pouvez le remplacer par un érable de Montpellier (Acer monspessulanum) ou un pistachier (Pistacia terebinthus), leurs feuillages sont aussi caduques et de couleurs automnales chaudes. Avec une taille consciencieuse vous pourrez même reproduire la charpente de l’érable du Japon.




3. Faire un plan


Si vous n’avez pas de plan à disposition, cherchez votre parcelle gratuitement ici. Ce site met aussi à disposition des outils de mesure de longueurs et de surfaces précis.



Dans un premier temps faites un schéma simple qui vous servira de base de travail : dessinez les contours de votre parcelle, les voies de circulation, les ouvertures (portes, fenêtres, portails...), l’orientation ainsi que les éléments structurants existants (arbres, murs, clôtures…). Sur du papier calque représentez sous forme de ‘bulle’ les différents éléments que vous souhaitez positionner (ex. le salon de jardin, le barbecue, la niche du chien, le lieu de stockage…) pour tester plusieurs agencements.


Dans un second temps, et à l’aide des mesures de la parcelle, réalisez un plan à l’échelle. N’oubliez pas de photocopier ou scanner ce plan avant d’aller plus loin. Puis positionnez précisément tous les éléments de l’agencement retenu. Cette étape est nécessaire pour calculer les bonnes quantités de matériaux et végétaux ou encore choisir du mobilier et des éléments décoratifs aux bonnes dimensions.


Détail d'un plan de plantation ©NR Landscaping

Il peut être nécessaire de réaliser distinctement un plan de plantation ou des détails supplémentaires pour les ouvrages complexes. Le plan de plantation sert à positionner précisément les végétaux sur le plan à l’échelle et à les agencer ensemble dans l’espace pour les quantifier.


Vous êtes maintenant prêts pour commencer les travaux !



Conseils spécifiques pour petits espaces


Si vous avez un espace de taille modeste, il est nécessaire de prendre en compte lors de la phase de conception certaines notions architecturales illustrées ci-dessous.



1. Pour les éléments à fort impact visuel privilégier ceux dont l'aspect est fin ou élancé

Les arbres dont le tronc est fin et élancé, au feuillage aéré et dont la taille adulte sera modérée sont plus adaptés aux petits espaces. ©Garden Club London

Le mobilier léger et fin est plus adapté aux petits espaces.

2. Libérer de la place au sol en aménageant à la verticale

Utilisez des treillages pour faire grimper des plantes sur un mur. ©NR Landscaping

Suspendez des pots, jardinières ou créez des étagères pour libérer de la place au sol. ©Søstrene Grene


3. Utiliser du mobilier modulable ayant plusieurs fonctions ou des dimensions ajustables


Vous pouvez vous inspirer du mobilier ingénieux utilisé pour l’intérieur des studios urbains ou imaginer une deuxième fonction à certains objets. Les constructions sur-mesure sont idéales pour utiliser le potentiel maximum d’un petit espace mais nécessitent d’avoir l’âme d’un bricoleur ou le budget pour faire appel à un prestataire.


Le banc en bois est construit sur-mesure et intègre des jardinières ainsi qu’un coffre de rangement sous l’assise. ©NR Landscaping

Le banc en bois est construit sur-mesure et intègre des jardinières ainsi qu’un coffre de rangement sous l’assise. ©NR Landscaping

4. Aménager les angles


Aménagez les angles pour que cet espace utile ne soit pas perdu.

5. Ajouter un miroir


Le miroir prolonge le champ visuel et apporte de la lumière aux coins sombres. Attention à bien le positionner pour ne pas être ébloui à certaines heures de la journée ! ©Garden Club London

6. Compartimenter l’espace



©Aralia

Structurez l'espace avec des éléments à fort impact visuel : des cheminements discontinus, des brises-vues, des terrasses de plusieurs niveaux, ou encore des répétitions d’éléments au sol ou à la verticale.





©Garden Club London

Utilisez aussi bien les végétaux que les matériaux ou les éléments décoratifs pour créer ces effets. Le fait de ne pas voir d’un seul coup d’œil un espace dans son ensemble donne l’illusion qu’il est plus grand.


7. Créer des chemins en courbes



©Stangeland & Associates

Les longues perspectives fuyantes ne sont pas adaptées aux petits espaces. Créez des chemins en courbes ou déstructurés plutôt qu’en ligne droite.














Pour aller plus loin


GOODNICK Billy, Yards, St. Lynn’s Press, 2013. (pas de traduction française) KINGSBURY Noel, Petits jardins actuels, Ulmer, 2017. MALLET Robert, L’optique des jardins, Ulmer, 2009. NESSMANN Pierre, PERDEREAU Brigitte & Philippe, Les allées, Aubanel, 2006. REID Grant W., Dessin d’architecture paysagère, Eyrolles, 2006. YOUNG Chris, Un paysagiste pour mon jardin, Marabout, 2009.

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